Rechercher
  • Cyril Léger

Un Jeu d'Enfant

Mis à jour : avr. 27




Il peut sembler étonnant à priori de vouloir parler de méditation et jeu d’enfant mais c’est à travers cette expression un peu désuète que toute l’expérience de notre existence devrait passer car elle contient à la fois la simplicité et la joie du jeu.


Lorsque des enfants jouent, les adultes observent bêtement des individus s’amuser ou bien perdre du temps dans des choses qui apparaissent futiles. Ils n’ont pas conscience de l’importance du jeu. Cependant, c’est tout le contraire qui se produit. En jouant, les enfants sont en apprentissage permanent. Ils apprennent l’équilibre, la gestion de leur corps dans l’espace, ils développent leur imagination donc leur capacité par la suite à trouver des solutions intelligentes et créatives. Ils apprennent à raconter des histoires, à chanter, à crier donc à placer leur voix. Il n’existe pas un instant ou les enfants ne sont pas dans l’action pure et simple de l’apprentissage sauf quand ils dorment… Heureusement !!! Vous remarquerez aussi qu’ils peuvent avoir des cauchemars mais très rarement des insomnies.


Le système scolaire éducatif va ensuite enseigner deux choses plus importantes qu’il ne l’imagine. Le premier est l’immobilité car rester assis oblige l’enfant à discipliner son corps physique et cela afin de générer un second apprentissage, la concentration. En focalisant son attention pendant un temps suffisamment important, les enfants développent une compréhension détaillée du sujet travaillé. Seulement le système éducatif a perdu le jeu qui est le goût à apprendre.


Voilà certainement l’une des raisons pour laquelle, le monde des adultes est si peu enclin à développer des solutions pleinement créatives et à prendre les risques nécessaires pour les explorer avec enthousiasme.


Dans la méditations, nous essayons au départ de revenir à une conscience de la respiration car tous les troubles physiques se manifestent par le fait d’une respiration non coordonnées. Le fait de garder toute la journée sa respiration en apnée haute, bloquée dans les poumons et de dérégler le flux respiratoire à chaque fois qu’un événement se produit a des conséquences importantes sur son corps physique. Cela manifeste des maladies, des réactions émotionnelles instables et une perte de discernement sur les actions où des risques doivent être pris.


Maintenir son calme, c’est garder une respiration neutre, dégagée des pollutions extérieures. Cela permet de garder un centrage intérieur fort, aligné, une présence à soi de bien meilleure qualité.


Bien sûr, il ne s’agit pas de nier l’existence des difficultés mais d’apprendre à les inclure à travers sa respiration afin qu’elles ne troublent plus l’état intérieur propre à pouvoir garder une clarté mentale et émettre des solutions créatives.


C’est au départ, la volonté personnelle, une volonté de contrôler son environnement qui amène à produire des troubles dans le flux respiratoire car nous ne respirons plus comme un enfant et sommes passés du “jeu” au “je”


L'apprentissage au calme est long et rigoureux et nous enseigne une chose primordiale, que le Maître Ekkirala Krishnamacharya nommait de cette façon ;

« Vous saviez respirer avant même que vous n’ayez conscience de votre respiration, votre corps sait mieux respirer que vous-même. Faîtes confiance à votre corps. »


Apprendre à respirer en conscience consiste à garder un rythme qui harmonise le mental et le corps de sorte à ce que cet ensemble soit en mesure de répondre positivement à l’énergie de l’âme. C’est un apprentissage conscient à la confiance qui se tisse intérieurement. Il porte de nombreux fruits à tous ceux qui entament cette façon de pratiquer la méditation. Cette méthode d'apprentissage participe à devenir des individus ancrés et alignés dans un esprit fraternel de coopération.


Si nous souhaitons vivre un quelconque accomplissement collectif, nous avons besoin de jouer, de reprendre goût à l’apprentissage de la vie afin que celle-ci nous traverse sans effort. Sans effort, l’enfant joue et apprend. Mais dans notre cas, ce “sans effort” nécessite d’abord un vrai effort pour revenir à cette conscience régulière de la respiration et de l’intelligence des lois universelles qui gouvernent tous les événements du Monde.


La vie devrait être un jeu d’enfant de par l’humour et l’autodérision qu’elle nous amène à déployer dans le quotidien, par la simplicité avec laquelle elle nous invite à concevoir l’existence et aussi par la joyeuseté naturelle qui rayonne à travers soi lorsqu’on laisse la nature profonde de l’Âme s’exprimer.


Considérer l’existence comme un jeu d’enfant ce n’est pas être naïf et se fiche des événements. Cela consiste à se maintenir à chaque instant dans un état d’accueil, d’éveil, de présence, de bienveillance. C’est aussi manifester une joie sincère pour tous les événements qui se produisent et s’entraîner par le jeu à maintenir une respiration calme et sereine en toute circonstance avec la confiance que cela a une véritable raison d’être collectivement.


On ne médite pas pour soi mais pour que les bienfaits se déversent sur le monde.


Photo by Allen Taylor on Unsplash

34 vues

​© 2018      MÉDITATION ∆ INCLUSIVE