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  • Cyril Léger

Tu n’es pas ce que tu fais. Tu es plus que cela.

Mis à jour : 29 oct 2019



Sommes-nous vraiment autre chose que ce que nous faisons ? Le serveur est-il autre chose que ce qu’il fait... L’ingénieur est-il autre chose que la solution qu'il matérialise et l’infirmière est-elle est autre chose que ce à quoi elle s’emploie ?

Peut-être pouvons-nous nous interroger autrement ? Beaucoup de personnes ne s’identifient pas à leur activité professionnelle car elles s’activent uniquement dans un but financier tandis que d’autres sont complètement passionnés et intégralement identifiés à celle-ci.

Pourtant, si nous souhaitons poursuivre une voie d’éveil, ni l’une, ni l’autre de posture n'est satisfaisante. Tandis que ceux qui ne sont que dans une poursuite financière peinent à s’épanouir pleinement dans toutes les dimensions de l’existence, les autres s’enferment dans un voile les coupant ainsi avec d’autres réalités. Certains pourraient ne pas s’en plaindre mais là encore, la lumière de l’être qui cherche toujours l’expansion ne peut rayonner à travers toutes les facettes de la vie.

Très souvent nous nous prenons pour ce que nous ne sommes pas car nous ne savons pas comment laisser rayonner ce que nous sommes vraiment. « Tu n’es pas ce que tu fais » signifie que tu n’es pas seulement ton activité mais que celle-ci vient accomplir à travers le geste, ton essentialité.

Cela nous demande d’être pleinement conscient de l’activité que nous exerçons au quotidien tout en restant détaché de la forme et de l’importance que peut susciter l’activité seule. Une identification trop forte à une profession engendre de l'orgueil.

L’orgueil de l’agent de police peut l’empêcher de rester juste dans l’application de la loi. Il peut être entraîné dans un excès de zèle car coupé du discernement. L’orgueil du politicien l’empêche d’agir au nom du bien-commun car il reste enfermé dans une posture dogmatique qui gênera toute coopération possible avec des instances autres que celles avec lesquelles il bâtit son expérience. De même que l’orgueil de l’enseignant peut l’amener à se croire supérieur et à manquer de cœur. Cette posture gêne la fluidité de l’apprentissage alors que l'enseignement seul est important.

Cela est valable pour nous tous. Dès lors que nous sommes trop identifié à une activité ou à un métier, nous nous égarons de la voie d’éveil.

Notre métier doit être une expression de ce que nous sommes tout en sachant que nous sommes plus que cela. Ainsi, le serveur qui garde le détachement nécessaire, travaille sérieusement mais il sait aussi qu’il ne fait pas que servir des plats, il nourrit par sa présence et rafraîchit par son sourire. L’infirmière, soigne déjà par sa présence et offre si ce n’est un soulagement en tous les cas un réconfort. L’ingénieur détaché de son domaine d’activité peut transgresser les règles et offrir des innovations révolutionnaires.

Là encore, il est question d’équilibre et de trouver la juste place entre être et manifester. Alors l’existence peut révéler une harmonie qui conduit à une évolution progressive et permanente. L’activité peut rayonner, l’être et la forme devenir la pleine expression du fond, l'intérieur et l'extérieur ne faire plus qu’un.


Ainsi, nous observerons le monde différemment et verrons que la nature est plus que le rassemblement de plantes et de végétaux en un lieu donné, que la Terre est bien plus que des continents et des océans. L'être humain est plus que des organes, de la chair et des os, il est plus que la somme des compétences qu'il acquiert à travers ses expériences. Il joue avec les autres règnes de la nature un rôle important et lorsqu'il s'accorde avec cette partie de lui qui dépasse l'ensemble des formes présentes, il acquiert la possibilité ultime de s'unir avec l'univers.

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