Le Non-agir



Combien de fois avons-nous entendu cette expression "non-agir". Qu'est-ce que la Sagesse ancestrale dit de cette expression et comment la traduisons-nous ? Est-ce possible de se tenir dans le non-agir ?


Vivre c'est respirer et respirer, a des conséquences sur l'environnement, tout comme marcher dans la nature, écrase l'herbe sous nos pieds. Est-il possible de n'avoir aucun impact sur le monde ? Nous sommes "partie intégrante" du cosmos et de la nature et la nature elle-même occasionne des conséquences sur sa propre faune et flore.


Voilà pourquoi, les activités volcaniques mais aussi les feux de forêt, les inondations participent à la vie et au cycle de la Terre. Cette simple observation devrait suffire à reconnaître qu'il est impossible de n'avoir aucun impact sur l'environnement et que toutes les parties du tout entier, par leurs interactions, manifestent cette vérité.


Il faut reconnaître qu'il y a une méprise sur l'interprétation que nous faisons du terme "non-agir". Trop souvent nous interprétons "non-action" et cela a pour effet de nous déresponsabilise face à nos devoirs humains. Il s'agit plutôt de considérer que c'est la Vie qui agit à travers soi et que celle-ci invite à une inclusivité totale avec les événements.


Par inclusivité, nous pouvons entendre une réelle "innocuité", une profonde inoffensivité sincère mettant fin à toute dualité, à tout conflit et guerre au travers de laquelle se révèle "la juste action".


Qu'est-ce que "la juste action" ? La vie est un mouvement qui s'élabore en cycle perpétuel. Chaque cycle a un début, un milieu et une fin. Il y a un processus cyclique au travers duquel une partie de la conscience encore voilée se révèle. Ainsi, une partie du mystère de l'Un-visible apparaît dans la lumière de la connaissance et profite à l'éveil de tout le vivant.


La juste action n'est pas celle que nous décidons d'avoir en fonction de ce qui serait moral ou de ce qui serait bien de faire et de penser mais elle est celle qui jaillit de l'Être, de la Lumière, la conscience Âme, la Nature profonde du Soi.


Quelles sont les qualités et les étapes qui permettent la révélation, l'éclosion de "la juste action".


Entrer dans le silence

Il est nécessaire de stopper toute envie de trouver une solution, de répondre à l'injonction du résultat immédiat. Celui-ci ne dépend aucunement de nous. Dès lors que nous pensons qu'il y a quelque chose à faire, qu'il faut agir, nous mobilisons des forces à contre-courant de l'énergie cosmique. C'est le mouvement de la Vie qui assure la floraison de toutes les parties qu'Elle contient. De cet arrêt immédiat s'ensuit une entrée dans un silence intérieur propice à permettre la révélation de ce qui ne peut plus être caché.


La résignation

La puissance de notre conditionnement nous pousse à revenir à la maîtrise des événements. Se résigner à ne plus fuir la possibilité d'être changé par la Vie. Se résigner à ne plus interférer avec le mouvement naturel et accueillir le combat à mener en soi. Cette situation peut produire de l'angoisse, de la panique et mobiliser toutes les forces nécessaires à la peur pour nous mettre à nouveau en mouvement. Observons que toute l'expérience consiste en une immobilité créatrice.


L'effondrement

Par la discipline intérieure, la pleine conscience à demeurer dans le non-agir, il se produit l'effondrement des repères qui jusqu'alors nous permettaient d'aller de l'avant, de rebondir, de ne pas se laisser aller. Cet effondrement est essentiel pour offrir un espace au jaillissement de la Vie.


L'acceptation

Accepter de laisser le Mystère commettre la révélation à travers soi, c'est aussi accepter d'être soi, de devenir celui que l'on est vraiment et totalement. D'accepter d'être le témoin du miracle qui se réalise. Accepter qu'il n'existe ni bonheur, ni malheur, que ce sont là seulement, deux illusions que le temps saura dissoudre.


Libération des émotions

La peur est une illusion, un fait est un fait. Aucune peur ne peut réellement contenir un fait. La peur est un filtre que nous rajoutons sur un fait et celui-ci devient ensuite effrayant. Se libérer des émotions ne consiste pas à être coupé des sensations de l'existence mais à agir sans être influencé, ni défini par elles.


L'art de la respiration et de la Méditation

Être silencieux et porter une écoute profonde. Apprendre à demeurer calme intellectuellement pour stopper toutes les ruminations, les élaborations conceptuelles, pour stopper l'émergence de fausses solutions. Observer consciemment la respiration, puis l'absorption de soi dans le souffle de l'Immensité par la contemplation. La pratique de la méditation offre l'éclosion de la juste action.


L'art du lâcher prise - Le détachement

Nous ne maîtrisons rien excepté notre lâcher prise. Pendant une certaine période, nous restons confrontés à toutes sortes de propositions nouvelles, de situations qui nous placent à nouveau en dualité entre ce qui "est" et ce que nous pensons qui "devrait" ou "pourrait" être. Être détaché signifie devenir le maître de ses pensées, de ses émotions, de ses attitudes et gestes afin de consentir à l'épanouissement de la Vie à travers soi.


La patience

L'art de la patience consiste à développer une science du rien, de l'absence, une science du néant car c'est dans l'inconnu que se révèle la plus puissante des forces, l'amour. C'est dans l'incertitude que germent les fruits amoureux de l'inattendu. Dans l'absence, nous embrassons la vérité dans sa nudité. C'est dans le néant que la création forge le destin commun et que nous rejoignons, tels des témoins lumineux, la communauté de destin de l'univers.


Cessons de façonner des solutions, laissons la solution nous façonner.


Crédit Image : Michael Shainblum

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