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  • Cyril Léger

La méditation... un processus mental ?

Mis à jour : 17 août 2019



Peut-être est-il utile d’expliquer pourquoi le terme « mental » est si couramment utilisé dans les Sagesses anciennes et pourquoi un certain nombre d’enseignants actuels demandent sa cessation.

On demande généralement aux personnes qui débutent la méditation "d’arrêter le mental", de cesser de penser mais c’est bien de l’inverse dont il s’agit. Il est question d’apprendre à penser et surtout à penser correctement, soit à penser le Bien pour tous.

Ce que font les débutants c’est d’intellectualiser les enseignements sans les corroborer à une certaine expérience intérieure. C’est cela que les enseignants demandent de cesser et non de couper le processus permettant de comprendre et de discerner le vrai du faux. Car cet exercice requiert en réalité toute notre présence mentale pour observer correctement le mouvement des pensées ainsi que leurs causes véritables.

Cet exercice, bien que fastidieux est nécessaire en tout point pour nettoyer la partie bassement concrète du mental de tout son flux journalier et environnemental et de remonter enfin le fil des conséquences des expériences négatives comme celui des symptômes de la maladie.

Il s’ensuit le calme et la sérénité devant être maintenu mentalement pour permettre à ce que l’on nomme le Silence, la Présence ou plus sobrement le Vide selon les traditions de pouvoir émerger, de surgir et d’offrir au méditant le soin d’être investi ou encore habité d’une clarté toute particulière.


Ce qui est communément connu pour être le mental, c'est le bruit d'une certaine atmosphère intérieure que nous alimentons. Cette ambiance n'est pas constituées que de pensées, ce sont aussi des sensations, des frustrations, des préoccupations issues de la mémoire et de projections futures qui fourmillent et génèrent une pollution dite mentale.

Il faut voir le mental comme un appareillage qui se distingue par trois aspects. Le premier aspect est « la lumière du mental » qui est le rayonnement par lequel la vision apparaît et éclaire le cheminant. Une vision claire apporte au méditant la capacité à faire des choix intelligents selon ses nécessités d’expérience. Cette lumière lui confère par la pratique, une connaissance intérieure et une sagesse s’harmonisant à mesure des années avec les lois naturelles et cosmiques. Cette lumière trouvera ensuite son expression dans la création de pensées, de paroles exprimées et de gestes habilement cultivés par la compassion. Cette lumière ne peut se révéler qu'à partir du moment où le mental a été au préalable correctement nettoyé.

Tout rayonnement a une source. Celle-ci est connue sous le terme de « mental de Cœur » c’est le deuxième aspect, il est situé à quelques centimètres au sommet de la tête. Celui-ci brule comme un feu qui rassemble en lui tous les opposés. C'est le Centre où la synthèse indiciblement s'articule et enveloppe toute forme qui s'en échappe. Ce n’est pas un feu qui réchauffe mais qui affirme par son rayonnement un amour qui est aussi une harmonie irrésistible, une création intelligente, inclusive et sage. De là vient l’esprit de coopération et de fraternité.


Puis, au-dessus encore, il y a « le mental supérieur » d’où provient la monade, l’étincelle comme un atome de l’Esprit Initial. Cet aspect nouménal contient en son sein « le Plan ou le Dessein Divin » que nous essayons plus ou moins consciemment d’exécuter à notre manière au vue de la conscience qui est la nôtre et du très grand mystère que cela revêt encore. Ce dernier aspect plus abstrait et ésotérique à aborder contient la Volonté d’Amour dans l'homme. Cette énergie dont rien ne peut être dit ou presque est le véritable Penseur. Il influence chaque atome vivant de l'être dans un soulèvement permanent vers Lui. Si l'Âme est notre véritable cœur, alors l'Esprit est le Cœur du cœur.


C’est ce qui engendre le désir de l’Âme à consacrer de nombreuses vies dans la matière jusqu'à se perdre dans la chaos, l'égoïsme et l'individualisme et à assurer par un apprentissage à l'utilisation correct du mental, le retour vers la Source. De cette énergie Première, vient le désir permanent d’évolution qui ne peut que garantir le succès final lorsque la sagesse du cœur habite tous les espaces de l'être.

Les trois aspects du mental impriment le cerveau du méditant et influence son existence. C'est par l’exercice répété de la concentration et de la contemplation poursuivis jusqu'à l'illumination de sa propre sphère qu'enfin, le cerveau, situé dans la sphère mentale peut traduire dans un mode intelligible l'image imprimée dans toutes ses cellules. Le cerveau n’est seulement qu’un organe de traduction. Cependant, la qualité de cette traduction dépend de la connaissance acquise par la somme d’expériences accumulées, de l’enseignement reçu mais aussi du travail de déconstruction, de détachement et de déconditionnement du cheminant lui-même.

Il s’agit bien là d’une interaction subtile entre différents éléments qui confèrent à tous les êtres humains, la capacité mentale à s’inscrire dans une démarche profondément "humaniste". Je n’utilise pas le terme ici "spirituelle" car c’est tout l’inverse dont il est question. L’Âme, l’ange de l’Esprit cherche à habiter et à impacter positivement de toutes ses qualités, la condition humaine chargée de gravité matérielle. Elle déploie ainsi, chez celui qui s’y abandonne, une humanité toujours plus grande au travers de laquelle on trouvera les attributs de bienveillance, de compassion, de fraternité et de service aux autres ancrés dans ses activités même légères.


Alors, cesser d'intellectualiser ce qui semble vous échapper car ce qui échappe à votre entendement ne peut être saisi et intégré que par un mental qui s'éclaire à la Source. Ne dites plus que vous êtes trop mental mais que vous intellectualisez trop. Ce qui vous échappe est l'indicible Présence qui s'éveille en vous. N'ayez plus peur d'être mental.

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