L'ascension de l'amour



La méditation sert à comprendre que nous ne sommes pas l'individu que nous pensons être, nous sommes exclusivement une âme. Notre corps est comme la fleur qui émerge de la graine éternelle, c'est l'expression tridimensionnelle de l'âme. Nous ne pouvons donc que chercher à comprendre ce que cela signifie.


Ceci implique de consacrer tout son temps et son énergie à observer comment les qualités d'âme agissent sur la dimension matérielle à travers tout le tissu du vivant.


Beaucoup dépensent une somme d'énergie considérable pour observer l'âme en eux-même, ce qui a pour effet de maintenir une séparation entre l'observateur et l'objet observé alors que l'âme est impossible à voir.


C'est comme si un miroir essayait de se voir en tant que miroir alors qu'il ne peut que refléter ce qui est face à lui. De la même façon, observer le monde revient à être le miroir et à le refléter ce qui s'y manifeste. Le monde est le reflet de la conscience, le monde n'existe donc que parce que la conscience est un miroir lui permettant de se manifester. Cependant, la conscience est beaucoup plus que ce qu'elle matérialise.


La façon dont nous interprétons le monde et ses événements indique "la qualité de réflexion" du miroir qu'est la conscience. Le monde est encore très tiraillé par la dualité, son indiscipline face aux lois éternelles marque à la fois son désir d'autres choses mais il reflète aussi sa difficulté à élargir son cœur pour accueillir une plus grande fraternité. Les gens veulent un changement mais ils veulent surtout un changement qui leur soit acceptable selon leurs possibilités financières, sociales et culturelles.


Seulement une crise n'agit pas de cette façon, elle n'arrive pas pour contraindre certains et en aider d'autres. La loi d'interdépendance est là pour rappeler cette réalité et fait qu'une crise impacte tout le monde d'une façon ou d'une autre. La crise financière de 1929 a touché le monde entier ainsi que toutes les couches de la population et dans toutes les dimensions de l'existence, c'est-à-dire, physique, émotionnel, psychique/mental et spirituel. La présence ou l'absence d'argent ne peut pas être le seul élément indiquant le degré d'impact même s'il contribue à la mesure.


Toute crise a pour but de nous permettre de faire émerger un peu plus encore, le super pouvoir de l'âme, l'amour. Il se manifeste sous différents aspects et le premier, qui n'est pas le moindre est la bonté. C'est la base fondamentale de toute relation. La bonté implique avant le tout la considération qui est le respect de l'autre dans sa différence. Observer le monde depuis la bonté, c'est voir toutes les différences qui s'expriment en les considérant comme les facettes du Tout entier, l'âme.


Puis vient la bienveillance impliquant cette fois-ci la dimension collective de l'âme qui veille au Bien en s'accordant avec les groupes en activité aussi bien sur le plan subjectif (rassemblement d'âmes qui œuvrent sur la même vibration à l'émergence de certaines formes dans le monde). Ainsi que ceux qui existent sur le plan objectif, comme les personnes avec lesquelles nous travaillons ou exerçons une activité en association, en poursuivant un objectif commun.


Veiller au Bien a pour effet de maintenir des liens de qualité entre toutes les parties concernées et à produire un courant sympathique nécessaire à l'activité de groupe par le cœur. Ainsi, la qualité produite par la bienveillance est supérieure à la somme de toutes les personnes qui travaillent pour cet objectif. C'est en cela que la bienveillance est actuellement autant recherchée dans toutes les activités de groupe.


Arrive finalement la compassion qui n'a pas pour objectif de porter la souffrance d'un autre mais de réaliser que toutes les souffrances ont une source commune permettant à l'humanité de transcender l'existence humaine pour l'élever à sa plus haute condition. Nous portons tous une partie du poids de la souffrance de l'humanité. Nous sommes égaux dans la nature de notre être comme dans la souffrance.


Les catholiques ont une très belle image pour illustrer cette réalité, ils parlent du "chemin de croix". Le mot "croix" a la même racine que "crise" et "choix" car ils indiquent précisément que là où la souffrance arrive à son paroxysme, la personne, le peuple ou la Nation en crise est alors obligé de choisir et c'est bien là que tout se pose pour l'humanité. Sa souffrance vient du fait même qu'elle détient ce qu'aucune autre espèce vivante détient sur Terre, le choix.


C'est le choix qui est la source de la souffrance. Éradiquer la souffrance consiste alors à choisir l'âme, à laisser l'âme œuvrer en écartant tout ce qui n'est pas essentiel et fait barrage à son rayonnement. Nous trouvons cet enseignement dans le bouddhisme dont le but est d'instruire la voie du milieu en transcendant le choix par l'élévation de la conscience.


Dans la philosophie grecque aussi, choisir consiste à s'élever au sommet de la montagne et non à consentir à un compromis où il y aurait une perte. De même que dans mysticisme catholique où Pierre Teilhard de Chardin exprimait que "Tout ce qui monte, converge." En élevant la nature du questionnement au sommet de l'être, dans l'amour où tout est unifié, la réponse sonne comme le seul choix possible ou plutôt comme l'évidence intérieure de la présence de l'âme.


La joie est inhérente à la liberté de conscience car elle donne à chacune et chacun la possibilité de choisir quand il sera prêt à emprunter la voie de l'amour pour rayonner dans sa lumière et respirer dans son souffle.


Le choix nous apprend à discerner et à œuvrer au nom de l'amour uniquement. C'est en son nom, c'est-à-dire à travers lui, pour lui et au nom de lui que toutes nos décisions doivent s'initier. L'ascension ne consiste pas en une personnification à l'amour mais à une identification totale à lui en tant que valeur fondamentale et agent créateur de tout le vivant. L'amour ascensionné à ce point d'unité est une épiphanie perpétuelle.


Crédit Image : Jaxson Pohlman