Rechercher
  • Cyril Léger

L’Âme du Monde… Une méditation pour le XXI Siècle.



On ne médite pas pour soi mais à travers soi afin que les bienfaits nourrissent le monde de ce dont il a besoin.

Toutes les pratiques dites spirituelles tendent à ne rien souhaiter pour soi, à diriger son désir dans une créativité qui répond aux nécessités du monde.


Peut-être trouvez-vous cette approche prétentieuse ou en dehors de toute considération personnelle nécessaire ? Pourtant, laissez-moi poser ici quelques observations.


Il est admis scientifiquement que l’humain est fait de chaque atome constituant l’univers. Sa présence est par conséquent de nature cosmique. Il est aussi sur Terre, la synthèse des trois premiers règnes de la nature. Il contient à la fois du minéral, du végétal ainsi qu’une partie animale. L’être humain représente à sa façon donc une universalité large et inclusive.


Selon certaines approches toujours scientifiques, l’être humain est considéré comme un pôle électromagnétique chargé à la fois positivement et négativement, ce que les Sagesses éternelles ont défini comme la rencontre du masculin et du féminin incarnant parfaitement l’alliance du ciel et de la terre, de l’esprit et de la matière. C’est une rencontre étonnante et merveilleuse dont on pourrait dire qu’elle est le baiser de l’éternité et de l’éphémère.


De fait, toute forme présente dans l’univers ne vit pas séparée du reste de son ensemble. Nous sommes interreliés cela signifie que nous sommes inter–agissants, inter-communiquants, inter-pensants. L’univers tout entier à ce titre conspire à son propre avènement par le biais de cette vie interpénétrée.


Dans la tradition hébraïque, on raconte une histoire ancienne de deux familles qui organisaient le mariage de leurs enfants.

"Une jeune fille attendait à la table de rencontrer son futur époux et soudain elle vit un jeune homme s’approcher en boitant.

La jeune fille aussitôt dit à ses parents je ne veux pas me marier avec lui. Je ne veux pas d’un mari qui boite. Le jeune homme insista et demanda deux minutes auprès d’elle. Elle accepta et le jeune homme lui raconta que pendant la nuit il fit un rêve ou c’était elle qui boitait, il s’adressa alors à Dieu et lui dit, je ne veux pas d’une femme qui boîte et Dieu lui répondit mais tu n’as pas le choix, c’est ton destin. Le jeune homme qui avait étudié les textes sacrés, dit à Dieu. Puisque tu dis que nous sommes tous faits du même tissu, fait que ce soit moi qui boite et Dieu accéda à sa volonté. La jeune femme, bouleversée s’est éprise du jeune homme et accepta le mariage."


Cette histoire est bouleversante car l’un des membres du couple a fait le sacrifice de sa bien-portance pour le bien-être de l’autre.


Lorsqu’on se blesse à un doigt, on ne dit pas à son doigt c’est ton problème. Nous savons que c’est notre problème. Lorsqu’une personne dans l’humanité souffre c’est également notre problème.


Nous avons pour rôle en tant qu’humain de dissoudre l’égoïsme et de maintenir, si ce n’est la voix, en tout cas, l’écho de l’âme dans les choses les plus ordinaires du quotidien. Ceci est le plus grand défi de notre Siècle.


Cette notion de brisure de l’ego et de la fonction personnelle a pour but de rendre plus harmonieuse et pacifique cette interrelation par des faits concrets qui affectent positivement l’environnement.


Ne confondons pas la singularité que porte l’individualité avec la nature égoïste dont nous sommes capables. Le pétale de la fleur est en tout point singulier, il est unique et pourtant bien que nous puissions reconnaître cette unicité, nous ne le séparons pas de la fleur. Il en est de même pour l’humanité, elle est un tout, un ensemble qui se distingue par ses spécificités mais chacun fait partie de cet ensemble. On ne peut s’extraire de l’humanité, ni extraire une ethnie qu’on le veuille ou non. Nous sommes un ensemble inséparables, c’est de cette idée que vient la « fraternité ».


Nous sommes donc une singularité répondant de tout son être à un destin d’ensemble. Voilà pourquoi, la méditation ne peut être pratiquée réellement à des fins personnelles.


Bien sûr, ce n’est pas grave de l’utiliser pour son bien-être ou dans le but d’un développement personnel mais cela n’est pas sa finalité. Simplement car cet outil a été créé dans le but de répondre à un processus impliquant toutes les parties qui le constituent au service d’une conscience supérieure que l’on nomme, l’Âme du Monde. Ceci n’est pas autre chose qu’une éthique profonde qui organise soigneusement la pensée et l’action de chacun et chacune dans le but, en tout cas, d’apaiser la souffrance globale.


Nous naissons, vivons et mourrons au sein de cette conscience du monde et tous les fruits de cette vie n’ont de sens que pour cette Âme Primordiale. Il n’y a pas d’aventure terrienne sans aventure cosmique, c’est par conséquent tout l’univers qui est impliqué dans cette reliance et qui porte les stigmates de cette unité indéfectible.


Méditer en tenant ce point focal est un gage de réussite du processus collectif dans lequel l’individu aura pleinement sa part d’épanouissement. Une réalisation à la mesure de son ambition en tant qu’âme. C’est là, la seule inclination vers laquelle il peut tendre sans se perdre, sans se corrompre. La seule voie permettant d’installer, une dignité humaine profonde, une fraternité enthousiaste et une paix durable pour tous.


Il n’existe pas d’autres possibilités de développement que celui qui est collectif, que celui qui inclut toutes les parties prenantes de l’humanité. Il n’y a pas d’autre Lumière que celle du Monde, c’est elle qui est perçue à travers soi, comme un silence qui résonne dans tout l'univers.


Texte | Cyril Léger

Image | Jaxson Pohlman Photography | Instagram

44 vues

​© 2018      MÉDITATION ∆ INCLUSIVE